CONCERTS

CHANTS ET SONS DE GUÉRISONS


D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé chanter. Pendant mon enfance et par la suite durant mon adolescence, je saisissais la moindre occasion de chanter devant  un public. C'est pour moi un moyen d'expression, de matérialisation de ce qui est vivant en moi.

 

Aujourd’hui, je ressens de la gratitude de pouvoir laisser s’exprimer à travers ma voix, des sons et des chants de guérisons.

 

Pourquoi guérisons au pluriel? Parce lors des sessions de chants et de sons, les guérisons sont multiples et surviennent tant au niveau physique, psychologique, émotionnel que spirituel.

 

Depuis des milliers d’années, les peuples anciens chantent les manifestations de la vie.

 

Que cela soit pour accueillir un nouveau né, pour célébrer l’initiation à l’âge adulte, pour honorer la mémoire des défunts ou encore remercier la Terre Mère pour ses bienfaits, l’homme a toujours chanté. Nous pourrions croire que c’est simplement du folkore local mais nous serions loin de la vérité. Les sons et les chants sont reconnus depuis des siècles pour leurs vertus thérapeutiques. Des traditions chamaniques, aux mantras tibétains en passant par les chants grégoriens, ils ont un rôle culturel central en reliance directe avec leurs utilisations thérapeutiques originelles.

 

Aujourd’hui, de plus en plus de thérapeutes, d’infirmier(e)s, de médecins, de personnes issues du monde soignant se forment à différentes approches utilisant le son, le chant comme outil de travail. Plusieurs hôpitaux se sont ouverts à l’utilisation des sons dans l’accompagnement des patients dans plusieurs domaines tels que : l’autisme, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, les troubles dyslexiques, les troubles anxieux, etc. On utilise même les sons dans la diminution des douleurs, liées à la chimiothérapie et dans la réduction de la prise de médicaments dans le traitement de certains cancers.

 

Le chant est un puissant vecteur d’énergie et d’informations. Cette information est transmise à l’ensemble de notre corps. Bien sûr, les sons sont entendus par l’intermédiaire de nos oreilles mais ce sont bien toutes nos cellules, nos organes, nos os, nos tissus qui sont sensibilisés lors de leur émission. Il suffit de regarder les ondes qui se forment dans un verre d’eau lorsque l’on chante à proximité pour se faire une idée de la diffusion des sons dans notre corps.

 

Personnellement, je n’ai encore jamais rencontré de personnes qui soient insensibles à la musique, aux sons ou aux chants. C’est pour moi une preuve s’il en fallait une que ce langage est universel, porteur d’espoirs et de promesses que nous découvrirons au fur et à mesure que les recherches avanceront. Et ne dit-on pas que la musique adoucit les mœurs ?



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Ci-dessous, un article de Sophie Balestro et Sylvain Lacroix paru dans le Biocontact en Décembre 2010 "Son et Audition". Il présente bien à mon sens l'unnivers des chants et sons sacrés.

 

Partout dans le monde, à toutes les époques et quelques soient les traditions, l'Homme rend hommage aux divinités et à l'existence par des chants sacrés et des sons vibratoires. De leur pouvoir, les actes musicaux transmettent à leur tour, bienfaisance et harmonie.


 

Les Hommes ont dû découvrir le son et l’expérimenter par des approches très primitives, sensibles à leurs propres voix, aux phénomènes d’échos, aux résonnances de la nature. C’est en reproduisant ces sonorités qu’ils ont constaté sa faculté de communication, avant de l’identifier à un pouvoir d’harmonie et à une dimension divine.


 


LES CHANTS SACRES


Le chant, du latin cantus, signifie l’expression de la foi. Art sacré, il accompagne les rituels et les cérémonies. Il personnifie l’union, la communauté et l’osmose universelle. Dans l’exercice religieux, il est tantôt joyeux et rythmé, témoignage de l’allégresse qu’apportent le partage de la foi et la fraternité des Hommes, tantôt émouvant et plaintif, appel au pardon, à l’expiation.


Les chants sacrés forment un langage symbolique perçu dans toutes les civilisations : évocation des divinités, des démons, des forces de la Nature, communication prophétique, et états de transe.


 

En Asie, tout comme l’écriture dont les signes graphiques reproduisent des figures naturelles, les phénomènes sonores doivent parler le langage des éléments, ils sont porteurs de messages et moyens de communication privilégiés.


Les chants sacrés des divers peuples d’Asie font l’harmonie entre le Ciel et la Terre, entre le Ying et le Yang. La religiosité musicale est porteuse du souffle énergétique, le Qi, aussi bien verticalement (Ciel/Humanité), qu’horizontalement (Terre/Humanité). Les chants sacrés trouvent leurs sources au cœur des Hommes et permettent de puiser en eux cette force d’harmonie qui les fait vibrer intrinsèquement.


Dans les monastères bouddhistes tibétains, les chants sacrés, par des rituels quotidiens, hebdomadaires, mensuels, annuels ou occasionnels, font une large place aux manifestations sonores, vocales et instrumentales, destinées à attirer la bienveillance des divinités. Les religieux chantent avec un calme absolu du corps et de la pensée, et un contrôle de la respiration et du souffle. Les cloches, gongs, cymbales, bols…s’allient aux chants.


 

En Mongolie, les chants harmoniques sont sacrés. Ils existent aussi dans d’autres traditions comme chez les soufis, chez les chamans (Amazonie, Alaska, Australie...)


Une harmonique est l’émission simultanée de deux sons, un grave et un aigu, produits par la multiplication des fréquences vocales. Les chants harmoniques apparaissent à l’oreille comme des sons flûtés, élevant l'Homme vers des sphères célestes, faisant vibrer toutes les cellules. On les utilise pour la méditation et la guérison.


 

Dans les chants aborigènes d’Australie, la dimension sacrée est très forte. ''Le temps du rêve'' ou ''Dreamtime'', croyance de ce peuple, est liée à la création de l’univers et à la relation d’équilibre de tout ce qui existe.  Renouer avec les ancêtres, qu’ils conçoivent comme des incarnations, et perpétrer leur histoire, est primordial pour pérenniser les mythes. Cette idéologie est transmise par des rituels chantés, dansés, contés et même peints, au sein d’une même tribu. Nomades, les ethnies aborigènes se regroupent pour chanter en commun l’histoire de la Vie, et finalement amplifier les traditions des principes sacrés. Boomerangs de cérémonie, bâtons et didgeridoos imposent leur puissance aux chants sacrés lors des rites sociaux, rites de multiplication et rites d’initiation.


 

La parole et les chants africains, sous des formules sacrées, sont présents dans tous les actes religieux. On bénit, maudit, remercie, insulte, salue, conjure. Ainsi, on retrouve différents pouvoirs du chant sacré. Les chants de protection accompagnent tout commencement aux travaux agricoles. Ils ont le pouvoir de pardonner les souffrances que l’on va imposer à la Terre, à l’animal qui sera tué ou à l’arbre abattu. Les chants de régénération soulagent un monde qui vieillit, la mort d’un roi, la sécheresse ou une épidémie. Les chants d’offrande et sacrifice, sont destinés aux puissances surnaturelles pour obtenir la fertilité des femmes ou de la Terre ou la guérison d’un malade. Instruments de percussion et mouvements du corps rythment les paroles.


 

Dans les chants gospels en Amérique, c’est la Parole de Dieu qui est exprimée. Littéralement god spell, ''la parole de Dieu, l’Evangile''.


Au 17ème siècle, les esclaves issus de l’Afrique de l’Ouest, furent exploités par l’Homme blanc des Amériques. L'héritage africain leur a permis de s’exprimer à travers les chants et les danses, lors de rassemblements cachés propices à communier pour une vie meilleure. L’évangélisation et la reconnaissance par les blancs au 19ème siècle permirent une fusion riche d’échanges de valeurs : le gospel vit le jour. Chantant l’évangile, c’est un dialogue sacré entre le pasteur et les fidèles : prêches enflammés où les adeptes répondent par des hymnes collectifs rythmés, créant une musique de joie. Les croyants frappent des mains, des pieds, crient et swinguent. Une intense communion est générée par cette atmosphère chaleureuse.


Les chants chamaniques, qu’ils soient amérindiens, sioux, sibériens ou d’Asie sont des éloges à l'esprit relatif des plantes, des animaux, des éléments. Les peuples près de la nature chantent pour le respect de la terre et toutes les formes de vie qu'ils remercient: le cri de l'aigle qui apporte un message, le bois qui chauffe, la nourriture… Dans le chamanisme amérindien, la parole "O Mitakuyé Oyasin" signifiant "nous sommes tous reliés", ponctue toute cérémonie.


 


LES RECITATIONS : MANTRAS, CORAN, JUDAISME


L’impact des sons sur l’être humain est percutant. Les sages enseignent que les sons que nous envoyons dans l’atmosphère, en se mélangeant, créent de bonnes ou de mauvaises influences sur les êtres. La récitation d'un texte sacré permet de rester centré sur les qualités de paix, d'harmonie, de sérénité, d’adorer des divinités ou d'attirer les bons augures.


 

Les mantras signifiant en indien ''penser, protéger et libérer'', sont récités, psalmodiés ou chantés en sanskrit.


Les vibrations produites par les sons d’un Mantra sont puissantes et la prononciation ne peut être laissée au hasard. Leur influence amène à l’élévation de l’âme et conduit à la réalisation du Soi.


Dans la tradition indienne, la force divine se manifeste dans le son. Pour les hindous, le Mantra est le corps subtil même de la déité représentée. Ainsi, la récitation de ''Om Namah Sivaya'' crée la forme de Shiva; ''Om Namo Narayanaya'' crée celle de Vishnu.


AUM (ou OM), premier mantra, le plus sacré de tous les sons, est la syllabe-racine dont la vibration est à l'origine de l'Univers et de toute chose en ce monde. Son énoncé contient une charge énergétique puissante. Sa répétition, par les vibrations qu'elle entraine en différents endroits du corps a des vertus curatives, calmantes, unificatrices. On en a rapproché le mot hébraïque AMEN, adopté par la liturgie chrétienne et ponctuant les prières. Cette affirmation et cette confirmation contiennent le Seigneur lui-même en tant qu'énergie créatrice.


 Le Coran, pure cristallisation du Verbe, s’énonce par la voix seule. Clifford Geertz, anthropologue explique : ''Ce ne sont pas des paroles sur Dieu comme la Bible ou les Vedas, mais LA parole de Dieu ; ce n’est pas un traité, mais un évènement, un acte''. Ainsi sa récitation est la réaffirmation de cet évènement, et chaque lecture est un culte.


Dans les rituels soufis, on commence par l’énonciation du Coran. Puis, on proclame des formules sacrées, progressivement les cycles rythmiques des chants se resserrent, les formules sont plus brèves, tandis que le tempo s’accélère jusqu’à ce point de concentration d’énergie. Là est le divin.


Dans le judaïsme, le Livre du Pieux rappelle : ''Rien ne rapproche autant l’être humain de l’amour du Créateur et de la joie éprouvée dans cet amour, que la voix qui s’élève dans une longue mélodie''. Le chant synagogal est constitué de prières hébraïques, afin d’établir le contact avec Dieu et d’élever l’âme. Les fidèles sont guidés dans la prière par un élu aux connaissances liturgiques approfondies et à la voix porteuse de vibrations intenses. C'est par son rythme, que le chant hébraïque se distingue des autres chants de l'Orient et du chant grégorien. Le rythme lent ou précipité des vocalises correspond à la quantité et à l'accentuation des syllabes et des mots. Le chant fait pour purifier est, tour à tour, suppliant, débordant de gratitude, joyeux. Pour implorer Dieu, il est persuasif, au point de pouvoir se passer de la parole : on chante à ''bouche fermée'' dans certaines synagogues.


 


MUSIQUE ET TRANSES


Le son peut engendrer un puissant ressenti qui conduit à l’extase. Souvent interprétée comme une pathologie ou une imposture, la transe est un processus, une expérience religieuse, un contact établi avec le divin.


Chez les Soufis de l’Inde, c’est un sentiment de communion avec Allah. Dans le chamanisme, l’âme du chaman quitte son corps pour rencontrer les esprits. Chez les afro-brésiliens, c'est la divinité qui rentre dans un corps au cours d’une cérémonie vaudou de Candomblé.


Le vaudou (culte des esprits), est né de pratiques religieuses africaines, auxquelles s'est ajouté le catholicisme. Lors des cérémonies, conduites par un prêtre, des esprits sont invités à posséder le corps d'un ou plusieurs adeptes. Chants, danses, rythmes de tambours et hochets, couleurs et formes, sont l'apport idéal au bon déroulement du rituel. Durant la transe, la fusion esprit/possédé, permet la guérison, l'interprétation de messages, la célébration de la nature, de la vie et le témoignage d'une immense foi.


 


ELEVER LA CONSCIENCE


Aux quatre coins du Monde, les chants sacrés, mêlant la voix, les sons et les mots, accompagnent l'Homme pour entrer en dialogue avec le divin et élever sa conscience en quête d'harmonie.


De nos jours, les chants polyphoniques et les instruments de musique aux sons purs se joignent à un large registre musical, élevant considérablement rythmes et mélodies.


Actuellement, les sons purs sont aussi utilisés à but thérapeutique: restauration, maintien et amélioration de la santé mentale et physique. Les sons constituent un élément fondamental du système médical dans de nombreuses sociétés, que ce soit lors de cérémonies en forêt ou de rituels en salle d'opération.


 

Photos inspirantes - crédit Nicolas Sols

"Le plus beau voyage est celui qu’on a pas encore fait".


Loïc Peyron

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